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Les aventures extravagantes de Jean Jambecreuse, artiste et bourgeois de Bâle, de Harry Bellet

Sous ce titre étonnant et saugrenu se cache un « assez gros fabliau » dans lequel l’auteur avec des accents rabelaisiens raconte la vie du peintre allemand Hans Holbein né à Augsbourg en 1497 environ et mort à Londres en 1543. Mais ce récit n’a rien de classique et c’est dans un style inventif, déjanté, parfois réaliste souvent loufoque que nous sont contés les épisodes réels et d’autres plus imaginés de la vie du jeune Holbein. Il fallait bien 3 voix pour présenter la richesse et la saveur de ce livre !

Ce livre, nous dit Macau, est d’abord un formidable document sur le début du 16ème siècle, ses puissants : les souverains François 1er, Henri VIII, le jeune Soliman qui n’est pas encore Le Magnifique, le pape Léon X mais aussi tout un petit peuple de paysans, de tisserands, de tanneurs, de porte faix, de mendiants qui dans les campagnes ou dans les rues sombres et malodorantes des villes subissent le joug des seigneurs ou des hommes d’église. Mais tout n’est pas sombre dans ces 326 pages et des espaces de paillardise et de bonheur illuminent d’un grand rire les bains de Pamphile ou les maisons de plaisir de Madame Landica et de ses ribaudes. Sont présentées aussi les guildes et les corporations où se regroupent orfèvres, imprimeurs et « ymagiers » que l’on n’appelle pas encore peintres. Léonard de Vinci, vieillissant à Amboise, donne son ombre tutélaire au jeune  Holbein qui voit en lui un maître et fera le voyage en France pour le rencontrer dans un court épisode inventé et drôle à souhait.

Une figure domine le roman, celle d’Érasme dont Jeanine a tracé les grands traits. Penseur, humaniste, philosophe, théologien, il est une des figures majeures de la culture européenne. Né à Rotterdam en 1467 il vivra souvent à Bâle où le rencontrera le jeune peintre et où il mourra en 1536. Il est l’auteur, entre autres,  de L‘éloge de la folie, que Hans Holbein va illustrer en 1515, dans lequel il fait une critique virulente de diverses professions mais aussi du haut clergé et des courtisans. Cosmopolite et pacifique il milite pour la paix en Europe dont les discordes sanglantes lui semblent une absurdité.

Mais la première place revient, naturellement, à Hans Holbein dont Isabelle s ‘appuyant sur des reproductions d’une dizaine de ses œuvres présentera la modernité. Au croisement de deux époques, celles du Moyen Age finissant et la Renaissance il a su diversifier les supports des peintures, introduire la toile, la peinture à l’huile et donner de la profondeur aux tableaux. Portraitiste et dessinateur remarquable, il travaille de la main gauche, il adopta souvent la technique des trois crayons consistant à exécuter les portraits, celui d’Érasme bien sûr, ceux des riches marchands, des bourgeois, des rois, à l’encre noire, à la craie blanche et à la sanguine. Dans le célèbre tableau Les ambassadeurs le procédé de l’anamorphose permet de voir par rapport à la position du regard un crâne humain rappelant l’humilité nécessaire aux vivants fussent-ils puissants.

Le vol d’une bulle papale compromettante, que beaucoup veulent récupérer par cupidité ou  ambition politique, est le fil directeur de ce roman. Mais cela n’est qu’un prétexte pour emmener le lecteur dans les folles aventures de Jean Jambecreuse (traduction amusante du nom Hans Holbein) à travers villes et campagnes de France, de Suisse et d’Italie. Laissez-vous séduire, offrez-vous le plaisir de ce voyage !

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