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En introduction au personnage de Charles Péguy Monsieur Lecorno nous a fait la gentillesse de venir s’asseoir à la table ovale de la bibliothèque et avec son brio habituel de le situer dans son époque, la Troisième République, et de rappeler ce que fut l’Affaire Dreyfus et les clivages qu’elle suscita entre 18984 et 1906.

Qui est vraiment Charles Péguy figure tutélaire dont la pensée exigeante est évoquée comme modèle par des hommes politiques, d’hier et d’aujourd’hui ? Le fils d’une rempailleuse de chaises qui ne renia jamais son milieu populaire mais sut s’élever jusqu’aux plus hauts cercles intellectuels de la IIIème république ? Cet admirateur passionné de Jeanne d’Arc à laquelle il consacra de brillants et longs poèmes de centaines de vers ? Cet ardent défenseur du capitaine Dreyfus dénonçant la condamnation  qu’il considéra, avec beaucoup d’autres, comme une injustice scandaleuse ?

Est-il seulement ceci ou est-il tout cela et encore plus ?

Le Mystique ? Non pas au sens religieux du terme mais d’exigence d’intégrité intérieure, de sens de la gratuité, d’esprit de sacrifice, de refus de toute compromission. La mystique, c’est savoir « penser contre son pain », c’est-à-dire faire passer le bien commun avant l’intérêt  personnel ? Tout cela donc,  mais aussi le fondateur des cahiers de la Quinzaine en 1900 et qu’il dirigea jusqu’à sa mort en 1914. Péguy : instigateur d’une nouvelle manière de comprendre la littérature, la politique et même la religion vers une plus grande compréhension de l’homme et du citoyen. Problèmes coloniaux et syndicaux, discussions sur l’école primaire et sur les universités populaires, lois sociales pour les ouvriers et les enfants, affirmation en faveur des nationalités opprimés, montrent la largeur de vue d’un milieu, qui sans fonder une école ou un mouvement (Péguy en cela restait fidèle à ses convictions), eut une importance décisive.

Le style de Péguy est le reflet de l’homme : inclassable, perturbant, parfois rebutant ; il se parle à lui-même,  d’où cette grande liberté d’écriture. Y MOIX écrit « La pensée de Péguy perpétuellement se contredit, se corrige, s’essaie, revient en arrière, pourtant Péguy ne rature pas. C’est intéressant de voir ses manuscrits, il laisse de grands blancs pour pouvoir faire des rajouts »

Et n’oublions pas son humour, son sens de la formule !

Parce que Charles Péguy est trop peu lu, Jeanine a voulu remédier à cette injustice et nous rappeler que le but d’une bibliothèque est d’ouvrir grandes les portes à ce qui est beau !

Mathieu Giroux, journaliste et directeur de rédaction de » Philitt »  écrit au sujet de l’engouement suscité par Péguy à droite comme à gauche : « Charles Péguy ne s’utilise pas, il se lit, se relit et se médite ».

Alors, lisons-le, relisons-le et méditons !

 

Ouvrages supports à cette animation et disponibles à la bibliothèque :

Notre Jeunesse, 1910

L’Argent, 1913

Le Cheval Péguy de JL SEIGLE

 

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