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Nouvelle année à la bibliothèque et nouveaux coups de cœur.

La première animation du trimestre est toujours celle qui présente des titres aimés par des  lectrices ou des lecteurs : romans trouvés au pied du sapin de Noël, livres anciens que des rangements ont ramenés en haut des étagères, envie de relire des textes aimés auparavant et qui prennent avec les relectures une dimension nouvelle. Nous avons eu tout ceci dans cette séance du 9 janvier.

Marie-Thé Le B. a ouvert les commentaires en nous parlant de sa petite chienne aux goûts littéraires très prononcés ! Elle s’appelle Naïade et a littéralement dévoré le prix Goncourt L’ordre du jour laissé par mégarde sur la table avec un appétit de plus en plus grandissant au fur et à mesure qu’elle approchait du dénouement. Sera-t-elle des nôtres lors de notre prochaine rencontre ? Puis elle nous a parlé d’un petit livre de Jean d’Ormesson Et toi mon cœur pourquoi bats-tu ? dans lequel l’académicien parle de ses poèmes aimés en nous lisant :

C’est une chose étrange à la fin que ce monde

Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit

Ces moments de bonheur, ces midis d’incendie …

Malgré tout je dirai que cette vie fut belle.

Entendre la musique des mots choisis par-delà l’absence est toujours émouvant car ils nous restituent le visage d’un homme qui nous a enchantés.

Faty avait devant elle un très gros volume qui aurait pu effrayer mais qui nous a ravis lui aussi. C’est la correspondance d’Albert Camus et de Maria Casarès depuis l’année de leur rencontre 1944 jusqu’à la mort de l’écrivain sur une route de France un matin de janvier 1960. « La brûlure du désir, le manque, l’absence, l’amour brûlant du cristal pur, tous ces mots murmurés sous les draps chauds »ont une beauté éternelle et Catherine Camus, la fille de l’écrivain, qui a permis la publication de cette correspondance dit dans la préface «  l’air est plus léger simplement parce qu’ils ont existé ».

Léone a relu Le voile noir d’Annie Duperey, paru en 1992. Ce livre écrit sur le deuil, sur la culpabilité refoulée de la petite fille de 8 ans qui se dit qu’elle aurait peut-être pu sauver ses parents morts asphyxiés dans leur salle de bain par un chauffe-eau au gaz défectueux. Des photographies prises par son père Lucien Legras illustrent le livre et lui permettent de remonter le temps.

André présente Marthe et Mathilde, les prénoms des deux grands-mères de l’auteur Pascale Huges. Le roman raconte une incroyable amitié entre ces deux femmes qui se sont connues petites filles mais il est plus que cela. Il est aussi une chronique sur l’histoire mouvementée de l’Alsace entre les années 1900 et 2000 puisqu’elles sont mortes toutes deux presque centenaires en 2001,  une étude de l’évolution de la condition féminine,  une réflexion sur l’intégration par la culture «  élaborée à travers les valeurs qu’elle avance à tâtons ».

Marie-Thé parle de Proust contre la déchéance  dont le sous-titre est Conférences au camp de Griazowietz écrit par Josef Czapski. Là aussi la culture apparaît comme une pièce maîtresse. C’est elle qui permet de résister à la barbarie. Des prisonniers polonais écoutent dans le froid, les privations et la violence du camp les souvenirs des romans de Proust, des extraits sus de mémoire de A la recherche du temps perdu, la description des salons de la Duchesse de Guermantes ou autres lieux parisiens et précieux dont l’évocation et la beauté rendent supportable le présent.

Maguy nous entraîne dans nos lectures de lycée en parlant de la vérité et de la beauté intemporelle des classiques et ici, d’un des romans de Flaubert L’éducation sentimentale. Ah le charme de madame Arnoux et la fascination pour elle du jeune Frédéric Moreau. Roman d’apprentissage, roman d’amour, roman éternel du rêve et de la désillusion.

Macau présente Kathiba de Véronique Olmi paru cette fin d’été. Avec poésie et délicatesse l’auteur raconte cette histoire vraie d’une petite fille de 7 ans enlevée dans son village du Darfour, au Soudan par des marchands d’esclaves. La seule façon d’échapper à cette vie de souffrances  physiques et d’humiliations morales qui fut le lot (qui l’est encore?) d’hommes, de femmes et d’enfants vendus sur des marchés dans des conditions de survie effroyables est cette force morale qui existe en elle et la fait se réfugier dans des souvenirs de bonheur du temps passé ou dans des images d’oiseaux inventés qui la réconfortent. Achetée par le Consul d’Italie elle lui demande de partir avec lui pour ce pays dont elle a entendu dire qu’il n’a pas d’esclaves. Elle découvre le dieu des Chrétiens et étonnée par cet amour immense deviendra religieuse, la première religieuse noire Elle fut canonisée par Jean Paul II en 2000, Ce n’est pas un livre de plus sur l’esclavage ; c’est la grâce d’une écriture qui suggère, fait naître des images, bouleverse.

Une fois de plus des horizons différents, des histoires variées, des personnages réels ou fictifs mais rendus présents autour de la table ovale de la bibliothèque nous ont rappelé que les livres étaient des amis, des compagnons de joie ou de peine.

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