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La dernière animation de l’année qui traditionnellement mêle mots et images nous a réunis autour de la table ovale ce mardi 18 juin. A partir du roman Les heures silencieuses de Gaëlle Josse dont a parlé Macau, Isabelle nous a emmenés à Delft à l’âge d’or des peintures hollandaises.

Nous sommes en 1667. Emmanuel de Witt a peint un tableau : intérieur avec femme jouant de l’épinette, où dans un riche intérieur, une femme de dos joue du clavecin. La romancière intriguée par ce tableau vu au musée de Rotterdam se pose la question : pourquoi la femme cache-t-elle son visage ? Nous sommes à l’époque où les riches bourgeois des Pays Bas se faisaient peindre par Vermeer associant ainsi leurs visages et leurs noms à l’opulence de leur situation sociale. Gaëlle Josse va tout inventer sur cette silhouette qui veut rester dans l’ombre, lui donnera un nom Magdalena Van Beyeren, un mari, des enfants, un secret si bien gardé que 20 ans après il lui procure angoisse et cauchemars, une tristesse d’avoir été fille dans un siècle qui ne voyait que le mariage comme accomplissement d’une destinée féminine. Et pourtant, adolescente, elle suivait son père, directeur de la Compagnie des Indes orientales, dans l’équipement des navires, supervisant malgré son jeune âge les comptes associés aux marchandises emportées et  à celles qui revenaient des pays lointains, Batavia, la Chine, le Japon, passionnée par la mer, les histoires d’ouragans, de cyclones, de tempêtes et rêvant de lointains rivages. Mais au 17ème siècle une jeune fille ne navigue pas, elle se marie …La suite du très court roman, présenté sous forme de journal intime, va évoquer avec pudeur et dans le silence des bruits extérieurs qui s’arrêtent à la porte de la chambre une existence faite d’amour et de renoncement.

Parce que l’histoire, inventée, se passe à Delft Isabelle choisit de nous laisser dans cette ville à travers les tableaux qui nous en montreront des rues, des maisons, des intérieurs, des visages. C’est d’abord, bien sûr,  Emmanuel de Witt dont  une autre peinture présente  L’intérieur de l’église de Delft avec le tombeau de Guillaume le Taciturne conservé au Palais des Beaux Arts de Lille où un homme habillé de rouge, vu de dos, indique en pointant la main quelque chose à voir et à qui les autres personnages du tableau. ne semblent prêter aucune attention

Pieter de Hooch (1629 1684) appartenant lui aussi à cet âge d’or a excellé dans la peinture d’intérieurs avec groupe de messieurs et dames. La cour d’une maison à Delft nous montre une  habitation moins cossue que celle du tableau de Witt et des pièces richement meublées où habitait la Magdalena des Heures silencieuses mais peut-être la maison se trouvait-elle dans une rue avoisinante ?

Mais Delft est surtout associé à Johannes Vermeer (1632 1675) la ville natale du peintre. Vue de Delft est une des seules peintures de paysage urbain faites par l’artiste. Le tableau enthousiasma Bergotte, l’écrivain inventé par Proust dans La Recherche du temps perdu, séduit par un pan de mur jaune vu «  comme un papillon qu’il veut saisir » ; Proust lui-même le considérait comme le plus beau tableau du monde. Nous sommes plus familiers de ses portraits celui de La Laitière ou La femme en bleu lisant une lettre. Le modèle est-il une femme enceinte comme Rebecca Beekman la femme du banquier « affairée à peser de l’or et des perles sur les plateaux d’une balance où il n’y a rien » autre œuvre du peintre ou est-ce une femme vêtue à la mode de ces années-là où les vêtements amples étaient très présents dans les tableaux. Le bleu de sa robe, éclairée par la lumière,  met en valeur la douceur du visage

Un tableau de Vermeer avait inspiré le roman de Tracy Chevalier La jeune fille à la perle ; un tableau d’Emmanuel de Witt a fait naître Les heures silencieuses de Gaëlle Josse. Les images et les mots se répondent, les couleurs et les silhouettes deviennent une histoire pour le bonheur des lecteurs que nous sommes.

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