Les reines sont à la bibliothèque !

Une nouvelle année s'ouvre, promesse de plaisirs littéraires pour les fidèles de la bibliothèque pour lesquels les mots et les découvertes de nouveaux ouvrages sont des gourmandises !

            Faty, toute joyeuse des livres que le Père Noël avait déposés au pied du sapin nous a parlé de Je voulais vivre le récit consacré par Adélaïde de Clermont Tonnerre à une petite fille Anne devenue plus tard Lady Clarick puis qui sous le nom de Milady a traversé la littérature dans Les Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas. L'héroïne née sous la plume d'un homme, vue et présentée à travers des yeux masculins parfois comme manipulatrice, empoisonneuse, criminelle au visage angélique devient sous les mots de son auteure une femme libre. La légende écartée c'est un magnifique portrait de femme qui se battra pour son pays, son idéal, sa liberté que nous présente ce roman.

            Anne-Marie en choisissant Qu'à jamais j'oublie de Valentin Musso nous emmène dans la surprise des premières pages où une sexagénaire quitte la piscine où elle se baignait pour suivre un homme et le poignarde dans une violence incompréhensible. Son fils va chercher à comprendre cet acte et plonge dans le passé d'une mère qu'il ne connaît presque pas en nous entraînant à sa suite en Suisse où il découvrira des secrets inavouables.

            Marie-Odile a été séduite pas le roman de Clara Arnaud Et vous passerez comme des vents fous dans lequel s'enchevêtrent deux histoires dans une région sauvage des Pyrénées ; celle de Gaspard un berger qui remonte avec ses brebis en estive et celle d'Alma éthologue qui étudie le comportement des ours pour trouver des réponses à leur prédation. C'est un livre de passion, de deux jeunes gens passionnés par leur métier ; mais c'est aussi un livre de tensions après la réintroduction des ours dans ces régions selon le point de vue que l'on adopte ; un livre où les descriptions sont si minutieuses et si bien documentées que le lecteur est partie prenante de cette nature, de roche et de ciel, rude et belle.

            Nicole, que subjugue l'Australie et les voyages qu'elle y fit, nous y emmène par les mots de Patrick White écrivain australien qui fut prix Nobel de littérature en 1973 pour son art de la narration psychologique et épique. Son roman L'arbre de l'homme, écrit en 1955 ne fut traduit en français que 70 ans après en 2025. Ce livre long, lent dont le cadre est l'Australie rurale est une méditation sur l'humaine condition. Les sensations physiques, celles de la moiteur de l'orage, de l'odeur et la poussière du bush, l'âpreté des paysages, l'espace mental de ses personnages, celui d'une femme qui se languit sans savoir de quoi, tout donne à ce roman une portée universelle d'où naît, pour le lecteur, la beauté.

            A l'Australie succède le Japon : celui de La forêt de flammes et d'ombres de Akira Mizubayashi..que Macau choisit de nous présenter. A Tokyo en décembre 1944 trois jeunes étudiants Ren, Yuki et Bin se lient d'amitié dans un centre de tri postal, où ils font un travail saisonnier, car ils partagent la passion pour la culture européenne, sa peinture, sa musique. Promis tous trois à un brillant avenir d'artistes ils vont être séparés par la guerre, par l'enfer des combats dont Ren va revenir, mutilé et persuadé qu'il ne pourra plus peindre. L'amour de Yuki, devenue sa compagne, l'amitié indéfectible de Bin vont-ils pouvoir le sauver ? Face à la folie des hommes l'art apparaît comme un recours essentiel et donne à cette histoire émouvante, que sous-tendent les accents du violon de Bin, des notes de beauté.

             Le plaisir était littéraire : il devint gourmand avec les galettes qui nous furent offertes toutes tièdes et onctueuses pour clore ces coups de cœur, ces voyages immobiles que nous fîmes en ce mois de janvier 2026 autour de la table de la bibliothèque.