Rencontre avec Cathy Bonidan

Tandis que la pluie triste et grise battait contre les vitres de la bibliothèque de l'UTA ce mardi 10 février, à l'intérieur de la salle Cathy Bonidan charmait les auditeurs venus l'écouter parler de la naissance d'une intrigue, des personnages qui emplissent ses romans et tous autres thèmes relatifs à la création littéraire.

            Installée à Vannes et adhérente de l'UTA elle est l'auteure de nombreux romans différents par leur inspiration, leur structure, leur écriture et nous emmène dans des univers dont la découverte, pour ces raisons-là est un plaisir chaque fois renouvelé. Le parfum de l’Hellébore, son premier roman publié en 2017, est la rencontre dans les années 60 à l'intérieur de ce que l'on n'appelait pas encore un hôpital psychiatrique, de Gilles un enfant autiste et du jardinier taiseux qui seul semble le comprendre, d'Anne et de Béatrice, une adolescente anorexique qui écrit son journal. Trouvé un demi-siècle plus tard par une étudiante en psychologie celle-ci va tenter de retrouver ces personnages et cette recherche sera une enquête passionnante. Chaque livre a son parfum particulier de roman policier, d'échange épistolaire, d'amour perdu, de voyages rêvés... Victor Kessler n'a pas tout dit nous entraîne dans la brume des Vosges qui cache bien des secrets enfouis dans le cabas perdu d'un vieil homme tandis que la Chambre 128 de l'hôtel Beau rivage, en terres bretonnes, a sur la table de chevet un manuscrit oublié qui va tisser une chaîne de rencontres improbables et follement romanesques. C'est dans un hameau des Hautes Alpes que Les deux sœurs Barbara et Edwige vont tenter de se protéger et de se reconstruire tandis que Où la vie nous conduira fait se rencontrer les trajectoires de 7 personnes qui ne se connaissent pas et dont un jeu télévisé va, bien sûr, faire basculer les vies.

            Mais cette présentation de ses œuvres va sembler bien classique à Cathy Bonidan qui, collégienne, s'ennuyait aux cours de Français dans la composition de plans, d'arguments à réfuter ou à développer, dans des schémas à suivre qui emprisonnent la pensée, elle, pour qui le maître mot est imagination. L'improvisation, la liberté sont à la base des personnages qu'elle crée, qui l'envahissent et dont elle ne sait pas quand elle les couche sur le papier, où ils vont aller, qui ils vont rencontrer, de quelle intrigue d'amour ou de meurtre ils vont être les héros. Le sourire qu'elle avait sur les lèvres, ses yeux rieurs parlaient surtout de plaisir : celui de lire, d'écrire, de partager ce plaisir avec ses lecteurs, de les surprendre, de les amuser, de les emmener dans une ronde de sentiments sans cesse renouvelés.

            Ce plaisir fut aussi celui qu'ont ressenti les auditrices et auditeur dont les visages souriants, les questions posées, montraient l'intérêt qu'ils prenaient à écouter ce qui fut comme une conversation amicale. Merci Cathy de nous avoir donné ces deux heures de bonheur